Assainissement urbain par l’agriculture: Boucler le cycle entre consommation, déchets et production agricole

Lancement d’un projet sur l’assainissement urbain par l’agriculture. « Au-delà des attentes scientifiques de ce projet de recherche, porté par l’Université de Lausanne, il serait souhaitable de renforcer les liens avec la commune de Dschang, en vue de jeter les bases d’une coopération plus large entre les parties… », Dr Rolande Tardy-Makamté, chargée de recherche, université de Lausanne (Suisse).

Du 9 au 13 mars 2020, la salle URCLIREN de la faculté des Lettres et sciences humaines (FLSH), de l’université de Dschang (UDs), s’est prêtée au décor d’un atelier au thème évocateur : "Boucler le cycle entre consommation, déchets et production agricole : compostage et agriculture urbaine au Cameroun et en Suisse."

Au départ, l’idée de rédiger ce projet nait en 2018, après la soutenance de son doctorat PhD à L’université de Lausanne (Suisse), par Rolande Tardy-Makamté, sur la gestion des déchets solides municipaux, à l’épreuve du partenariat public-privé à Bafoussam (Cameroun), avec le concours de son directeur de thèse, le Pr  René Véron.

L’équipe de ce projet de recherche, alors pluridisciplinaire et international, va ensuite s’étendre à d’autres chercheurs et praticiens, en Suisse et au Cameroun. Ces derniers vont contribuer à développer la proposition de projet, dont l’intérêt pratique de la thématique a séduit le Swiss Network for International Studies, qui est un fond de recherche en Suisse.

Ainsi, le projet va impliquer : Pr M. Sahakian, sociologue ; Pr A. Yemmafouo, géographe ; Dr M. Kongnso, agro-climatologue ; Dr S. Grand, pédologue. A ces noms, il convient d’ajouter ceux des ingénieurs et urbanistes M. J. Granjux et Dr C. Mumenthaler ; ainsi que J. Sagne de ERA-Cameroun, expert en gestion des déchets ; et l’Association internationale des maires francophones (AIMF), à travers la commune de Lausanne.

Ayant pour rôle d’appuyer la coordination internationale de son initiative, il était naturel que ce soit Rolande Tardy-Makamté, chargée de recherche à l’université de Lausanne (Unil) en Suisse, qui vienne à Dschang dévoiler les contours du projet, où compostage de déchets domestiques et agriculture urbaine entrent en symbiose, pour mieux servir la production alimentaire.

Et de l’avis du chercheur, « L’intérêt principal de ce projet est de : promouvoir l’utilisation du compost, dans l’agriculture urbaine de deux villes (Dschang au Cameroun et Lausanne en Suisse) ; mitiger les effets néfastes des changements climatiques, aussi minimes soient les impacts produits ;

« Ouvrir un dialogue entre différents acteurs (académiciens-chercheurs de disciplines variées, étudiants de PhD et de masters, décideurs politiques locaux, opérateurs socioprofessionnels, utilisateurs de compost), afin de s’assurer de la bonne diffusion des résultats obtenus. »

Au nombre des exposés présentés en jour d’ouverture d’atelier, il y a eu celui de Magellan Nanfouet Tsafack, ingénieur agro-écologue au Groupement d’appui pour le développement durable (GADD), sur le sous thème : "L’agriculture biologique pour mitiger les changements climatiques : exemple de structuration dans le département de la Menoua."

C’est ainsi qu’afin de préserver la qualité des sols, limiter les pertes d’eau par évaporation, séquestrer le carbone dans le sol, améliorer la résilience des agriculteurs face aux irrégularités et aux changements d’intensité des éléments du climat, le GADD promeut des pratiques agricoles différentes.

Le Pr Emile Temgoua a contribué en ses qualités de : personne-ressource dans le compostage d’ordures ménagères, enseignant-chercheur et maire.

Parmi ces pratiques, il y a l’usage des semences ancestrales, pour leur capacité à co-évoluer avec le milieu de culture, et leur faculté à s’adapter à la variabilité du climat. Pour obtenir un rendement optimal, l’usage de ces semences est couplé au développement de l’agroforesterie, de l’agriculture de conservation des sols et/ou de l’agriculture biologique.

Ce dernier mode de production, agriculture biologique, repose sur quatre piliers appelés principes. Le premier porte sur la santé de tous les acteurs impliqués, dans la chaîne de production (faune et flore du sol, personnels salariés et propriétaires d’exploitation). Le principe suivant est lié à l’écologie, qui voudrait que l’on s’inspire des phénomènes naturels pour produire.

Le troisième est celui de l’équité dans le partage des fruits récoltés entre tous les intervenants : (faune et flore du sol, personnels salariés et propriétaires d’exploitation). Le quatrième principe insiste sur la précaution. Autrement dit, le producteur d’aujourd’hui est invité à poursuivre la quête de son bien-être, sans jamais compromettre les chances des générations futures, s’épanouir eux aussi demain.

L’Unil ayant déjà noué un partenariat avec la ville du même nom, nombre de participants ont formulé le souhait de voir le présent projet s’ouvrir sur la signature d’un document similaire, entre l’Unil et la commune de Dschang, en vue de poser les jalons d’une coopération beaucoup plus forte entre les parties.

Telle est la raison pour laquelle, Pr Emile Temgoua, a apporté sa contribution à la réussite de l’atelier, en sa triple qualité de chef de département des sciences du sol, en la faculté d’Agronomie et des sciences agricoles (FASA), de l’UDs ; de personne ressource auprès du "Projet de compostage des ordures ménagères" de la CDs ; de magistrat municipal local, représentant Jacquis Kemleu, maire de Dschang, empêché.

Outre la présence du premier adjoint au maire, la CDs a pris part à cette semaine de travail, par son Agence municipale de gestion des déchets (AMGED), dont deux des pôles d’activités consiste : en l’enlèvement des ordures ménagères et au traitement de sa partie organique par compostage, suivi de sa valorisation en agriculture biologique.

Avec Rolande Tardy-Makamté