Cameroun : «Boycottez toute élection, mais inscrivez-vous sur les listes électorales… le tireur de pénalty affirme une chose et son contraire», quand le Pr Fame Ndongo tourne en dérision Maurice Kamto

Le communicant en chef du Rdpc est à son aise chaque fois que l’occasion lui est donnée de tourner en bourrique le leader du Mrc.

Un laïus. C’est le terme le moins risqué pour qualifier, ne serait-ce que sur la forme, la diatribe du 20 juillet dernier et signée du secrétaire à la communication du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), Jacques Fame Ndongo. Ce texte est une riposte à la sortie épistolaire faite la veille par le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Maurice Kamto, sous le titre : « Déclaration portant mise en garde du peuple camerounais au gouvernement contre l’organisation de toute élection avant la fin de la guerre civile dans les régions anglophones et la reforme consensuelle et effective du système électoral ».

À la lecture de sa réaction intitulée « MAURICE KAMTO : DE VOLONTE A LA NOLONTE », Jacques Fame Ndongo semble naviguer dans une logique de dérision, empreinte de condescendance à l’endroit de son vis-à-vis. Pourtant, les deux personnalités jouissent d’un statut académique des plus envieux.

Dans le fond, le communicant en chef du parti au pouvoir, le Rdpc, considère que la remise en cause du code électoral par l’opposant est une « contestation non fondée ». De manière pure et simple, M. Fame Ndongo botte en touche lorsqu’il soutient que « le code électoral ne peut guère être frappé d’inconstitutionnalité ». Et si « griefs » il y en a, il faut s’en remettre au Conseil constitutionnel, « le seul arbitre de la constitutionnalité des lois dans notre État », a-t-il développé.

Visiblement tout aise dans son style burlesque, celui qui est par ailleurs ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, s’est encore autorisé, comme dans ses précédents brûlots, une leçon de philosophie (politique) enseignée en classe de « terminale A au Cameroun ».

Aussi, rappelle-t-il, avec un air de supériorité à peine voilé que « l’on apprend aux élèves ceci : la volonté est vertueuse et efficace, la velléité est pusillanime et la nolonté est inopérante sinon nulle, voire négative. Je crains fort que M. Kamto qui avait choisi d’être volontaire en 2018 (élection présidentielle, au temps où il se présentait comme un « tireur de pénalty »), puis velléitaire lorsqu’il opta pour le boycott du double scrutin de février 2020, ne soit devenu « nolontaire » : il affirme une chose et son contraire « boycottez toute élection, mais inscrivez-vous sur les listes électorales ».

 

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