Cameroun : Christophe Bobiokono, le DP du journal Kalara, aux portes de Kondengui dans l’affaire Akere Muna et sa sœur Ama Tutu Muna

Christophe Bobiokono

Kalara, hebdomadaire du monde judicaire, informe l’opinion des menaces d'emprisonnement qui pèsent sur son Directeur de Publication, Christophe Bobiokono, et sa collaboratrice Irène Mbezele.

Rappel des faits

Christophe Bobiokono paie ainsi le prix d’un article publié par le journal Kalara il y a plus an. En effet, le 23 octobre 2018, Kalara avait relayé dans un articlé des déclarations qu’aurait tenues Faustine Fotso, députée RDPC (à l’époque), au cours d’un dîner.

Le célèbre journal d'investigations avait, apprenait-on, enregistré des propos de l’avocate-politicienne à son insu, ceci pour mettre sur la place publique les manœuvres qu’elle aurait utilisées pour influencer la décision des juges dans un dossier opposant Akere Muna, ancien bâtonnier et sa sœur cadette, Ama Tutu Muna, ancienne ministre de la Culture.

C’est ainsi donc que Mme Faustine Fotso intentera une action en justice.

Le directeur de publication du journal Kalara Condamné

Christophe Bobiokono avait été condamné à 2 ans de prison avec sursis pour « diffamation » et « outrage à corps constitué », C’était le vendredi 20 décembre 2019, par le Tribunal de Première Instance de Yaoundé centre administratif.

Par ailleurs, le journaliste, patron de Kalara, devait verser 13 millions de FCFA de dommages et intérêts, et un mandat d’arrêt avait été émis à son encontre en cas de non-paiement de cette somme. Dans la foulée, la journaliste Irène Mbezele qui avait signé l’article querellé, écopait de la même peine de prison dans ce procès marathon.

Une condamnation contestée

Ainsi donc, Kalara explique que les avocats volontairement commis à la défense du journal et des journalistes avaient exercé les voies de recours prévues par la loi et payé les frais nécessaires pour la circonstance. Et depuis trois (3) mois, la justice a repris son rythme de tortue pour ce dossier qui attend jusqu’ici d’être enrôlé à la Cour d’Appel du Centre.

La Rédaction de Kalara dans un article publié ce mercredi 01 avril 2020, dit avoir été « surprise d’apprendre il y a deux jours que dans un nouveau dépassement extraordinaire de fonction, le Président du TPI de Yaoundé (Centre administratif) a saisi par écrit, le 26 mars 2020, le Chef de la Division régionale de la Police judiciaire (DRPJ), pour demander l’exécution des mandats d’incarcération émis le 20 décembre 2019, à la place du Procureur de la République près ledit TPI, du reste légalement chargé de faire exécuter les décisions de justice. ».

Cette curieuse démarche du Président du TPI de Yaoundé (Centre administratif) est intervenue alors que l’attention de l’opinion publique est accaparée par la crise sanitaire mondiale relative à la pandémie dite du COVID 19 et dans un contexte où les autorités du pays sont interpellées pour trouver une solution rapide à la surpopulation carcérale afin d’éviter une contagion massive des prisonniers. Elle vise manifestement à masquer les desseins inavouables des adversaires du journal, qui ont pour objectif inavoué de réduire ses journalistes au silence, dénonce fermement Kalara.

Le journal Kalara souligne également qu’une citation-directe déposée depuis le 3 juillet 2019 par Maître NGONGANG SIME, Huissier de justice près la Cour d’Appel et les Tribunaux de Yaoundé, au Cabinet de M. le Procureur de la République près le TPI de Yaoundé (Centre administratif) pour le compte des journalistes contre Mme FOTSO CHEBOU KAMDEM Fostine pour « tentative de corruption, chantage et menaces sous condition », n’a jamais été enrôlée jusqu’à ce jour, en dépit des relances écrites adressées aussi bien au Procureur de la République qu’à son chef hiérarchique direct, M. le Procureur général près la Cour d’appel du Centre.

En conséquence, la Rédaction de l’hebdomadaire Kalara prend l’opinion publique à témoin devant les manifestations d’une justice à deux vitesses qui vise évidemment à tuer le journalisme d’investigation et le seul journal spécialisé dans le traitement de l’information juridico-judiciaire au Cameroun, note Kalara.

«La célérité avec laquelle la justice a jugé puis condamné un directeur de publication et sa collaboratrice à une peine de prison pour des faits de diffamation dans une affaire qui n’a d’autre but que de réduire au silence le média d’investigation qu’il dirige»,avait réagi à l’issue du procès Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de Reporters Sans Frontières (RSF)

«Ce procès expéditif et les très lourdes sanctions qui y ont été prononcées n’ont d’autre but que de réduire au silence un journalite renommé, connu pour la qualité et le sérieux de ses enquêtes, et de tuer sa publication», avait-il ajouté