Cameroun-Insurrection : Célestin Djamen invite les camerounais à ne pas suivre Maurice Kamto

Célestin Djamen

Célestin Djamen tient un discours totalement opposé à celui de son président national, Maurice Kamto, leader du MRC, qui a mis en alerte le peuple pour de gigantesques manifestations à l’effet de chasser du pouvoir le président Paul Biya, si jamais ce dernier s’entête à organiser les élections régionales sans une résolution préalable de la crise anglophone et une réforme consensuelle du système électoral.

C’est un Célestin Djamen qui rame de nouveau à contre courant de Maurice Kamto. Il est désormais présenté par certains tabloïds comme le frondeur au sein du MRC, parti dans lequel il occupe la fonction de Secrétaire National en charge des Droits de l’Homme et la gouvernance.

Le transfuge du SDF vient de publier à la suite  de Maurice Kamto, qui a demandé aux camerounais de se préparer pour déloger Paul Biya du pouvoir si jamais ce dernier venait à organiser les élections régionales sans au préalable résoudre la crise anglophone et procéder à la réforme du système électoral.

Célestin Djamen dans son brûlot ne cite pas nommément Maurice Kamto, mais se contente de rejeter l’idée d’une insurrection de la rue développée par l’avocat-politicien. Il invite dans la foulée le peuple à ne point suivre cette voie. 

« Restons vigilants mais n'acceptons JAMAIS les prophètes du "ça gâte ça gâte". Lorsque vous gâtez un vélo ou pire une sauce, sa restauration parfaite est rarement garantie », soutient l’ancien conseiller municipal à la mairie de Douala 2e

Voici l’intégralité de son texte

Nul n'a le droit de priver son prochain de son droit inaliénable et sacré d'exprimer sa pensée et son opinion certes....

Mais nous ne saurons confondre Révolution et insurrection.

Tout comme l'indignation, l'insurrection ne se commande pas.

Tout comme la révolte, l'insurrection ne se proclame pas.

Tout comme la colère (saine ou malsaine), l'insurrection ne se décrète pas.

Avez-vous besoin par exemple qu'on vous le rappelle quand arrive le moment du besoin pressant ? N'oubliez JAMAIS que le Peuple est adulte (du moins en principe). Il connait ses besoins. Et lorsque ce besoin devient irrépressible l'éclosion ou l'explosion devient imparable ou spontané.

Le Peuple a davantage besoin d'éducation, pas d'affection, le Peuple a besoin d'actes pas de proclamations, le Peuple a besoin de pain et de bien-être pas d'incantations puériles. Le Peuple a besoin d'être conscientisé pas d'un Messie cosmo-planétaire ou de proximité. Il n'y en a eu qu'un et il ne reviendra plus.

L'insurrection est un enthousiasme, l'insurrection est un accès à la fureur de la Vérité et la Vérité doit être dite en temps de tempête comme de calme, en temps de troubles comme de bonheur, réel ou factice.

Soyons sereins et confiants, demeurons des vecteurs d'union et non de division. Le CAMEROUN est grand, quelque soient ses détracteurs, quelque soient ses gouvernants actuels ou à venir. Ce qui nous rassemble est éminemment plus grand que ce qui nous divise.

Pour les impatients, n'oubliez pas que la Révolution commence toujours quand se termine l'insurrection.

Restons vigilants mais n'acceptons JAMAIS les prophètes du "ça gâte ça gâte". Lorsque vous gâtez un vélo ou pire une sauce, sa restauration parfaite est rarement garantie.

Faisons confiance à la République et à ses valeurs, c'est le socle et le creuset de notre présent mais aussi de notre avenir commun. A défaut de penser à nos enfants pensons au moins à nous.

Aimons le Cameroun!