Maurice Kamto a fait descendre les camerounais dans les rues de certaines villes du pays mardi passé. L’objectif était clair : réclamer le départ du président Paul Biya du pouvoir.

Le leader du MRC avait invité les partis politiques, à faire un front commun pour déloger Paul Biya de son fauteuil, lui qui veut faire un passage en force, organiser les élections régionales avant la reforme consensuelle du système électoral et la résolution de la crise anglophone.

Si certains acteurs de la société civile et hommes politiques avaient répondu favorablement à l’appel de l’avocat-politicien, tel n’était pas le cas du PCRN, pourtant son leader, Cabral Libii, avait bel et bien reçu une correspondance dans ce sens.

Pourquoi le PCRN de Cabral Libii a tourné le dos à l’appel de Maurice Kamto?

Sur le plateau de 7 Hebdo (STV) du dimanche 20 septembre, soit 48 heures avant la marche, le Dr Aristide Bitouga a apporté quelques éléments de réponse.

Ce proche collaborateur du président national du PCRN, rapporte qu’une correspondance de Maurice Kamto est effectivement parvenue au cabinet de Cabral Libii. Mais, ils ont été très surpris de constater que celle-ci contenait près de 25 fautes. «Alors nous nous sommes demandés, pour un événement aussi important, comment le fond et la forme ne vont-ils pas ensemble…Nous avons eu la bonne approche de demander à celui qui portait ce courrier d’aller le réécrire, ce qui a été fait. Lorsqu’il est arrivé, le courrier contenait cette fois deux fautes, et le président a dit OK, ça prouve quand même qu’il ya eu évolution. Et c’est ainsi que nous avons pris acte de cette invitation », raconte sur le plateau de l’émission dominicale le Dr Bitouga.

Dans la suite de argumentaire, l’universitaire laisse entendre qu’il était impossible pour eux au PCRN de donner un avis favorable à l’appel de Maurice Kamto, pour la simple raison que sa cause n’était pas « fédératrice ». Car, explique-t-il, le leader du MRC ne peut revendiquer une légitimité populaire face à un quelqu’un (Paul Biya) qui a eu 71% lors de la dernière élection présidentielle.

Au sujet des griefs formulés par Maurice Kamto, le Dr Bitouga rappelle que le problème du code électoral qui refait surface aujourd’hui est une affaire vieille de plus de 30 ans, et qui dans le contexte actuel n’est pas une priorité pour le citoyen lambda.

Parlant de la crise dans le NOSO que Maurice Kamto avance pour justifier les marches, le Dr Bitouga fait remarquer que les populations de ces localités ont été oubliées par l’opération « Suivie Cameroun » lancée par le même Maurice Kamto dans le cadre de la riposte contre le Coronavirus. « Que Maurice Kamto cesse d’amener tout le monde dans son église réveillée», fulmine-t-il.

Pour finir, le camarade de Cabral Libii soutient que : « Tant que les uns et les autres ne comprendrons pas qu’il n’y a pas un parti politique qui s’appelle opposition, on fera toujours du sur place et le grand vainqueur sera toujours le RDPC ».

Redigé par: Eric Adjouda.

Proposer un article: +237 699 73 98 60

Articles du même auteur