Cameroun-Massacre de Kumba: Du fond de sa cellule, Marafa envoie un message clair au régime Biya

Depuis huit ans, il est derrière les barreaux. Mais du fond de sa cellule au secrétariat d’État à la Défense  àYaoundé, il garde les yeux tournés vers l’actualité de son pays.

L’ancien secrétaire général à la présidence et ex-ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la décentralisation, a reagi sur le massacre de Kumba.

Dans un message posté sur les réseaux sociaux, l’ancien proche collaborateur de Paul Biya condamne cet autre massacre qui a arraché la vie à 8 jeune élèves. « Au gouvernement, je dis c'en est assez. Vous devez non seulement mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour punir les coupables et protéger les populations, mais vous devez remettre la nation sur la voie du dialogue et de la réconciliation. C'est la méfiance généralisée, c'est l'esprit de division selon des lignes ethniques, religieuses, linguistiques, qui tue. Qui nous tue, car ces massacres que nous pleurons, ce sont des massacres de Camerounais par des Camerounais», ecrit l'ancien membre du gouvernement.

Voici son message intégral

NGARBUH, MUYUKA, MENKA PINYING, MUNTENGUENE et maintenant KUMBA: terrible litanie de massacres, dont les plus innocents d'entre nous -civils, femmes, enfants- sont les premières victimes. Mes premières pensées sont pour leurs familles et leurs proches, à qui j'adresse mes condoléances les plus sincères. Même si l'heure est au deuil, j'adresse également à ces communautés si tragiquement atteintes, et en particulier aux enseignants et aux écoliers, un message d'encouragement: gardez espoir. Vaille que vaille, il faut continuer à préparer l'avenir, un avenir dont l'horreur se sera retirée. Au gouvernement, je dis c'en est assez. Vous devez non seulement mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour punir les coupables et protéger les populations, mais vous devez remettre la nation sur la voie du dialogue et de la réconciliation. C'est la méfiance généralisée, c'est l'esprit de division selon des lignes ethniques, religieuses, linguistiques, qui tue. Qui nous tue, car ces massacres que nous pleurons, ce sont des massacres de Camerounais par des Camerounais. Au peuple, je dis: il est nécessaire d'en appeler au gouvernement et de le mettre face à ces responsabilités. Mais il est tout aussi nécessaire, et tout aussi urgent, de trouver en chacun de nous les ressources pour nous traiter les uns les autres en frères et en sœurs. Car c'est ce que nous sommes. Le sang qui coule à KUMBA, c'est celui d'un énième fratricide.