Cameroun :Sorti de la séquestration, voici exactement ce que Maurice Kamto est allé dire aux hommes en tenues

Une délégation conduite par la 2e vice-présidente du MRC a tenté en vain de rencontrer Maurice Kamto.

En effet, hier jeudi 22 octobre, une délégation de militantes du MRC, conduite par 2e vice-présidente du parti, a tenté une visite au domicile de Maurice Kamto à Yaoundé, assigné en résidence surveillée depuis un mois.

L’équipe de Tirane Balbine Noah, qui transportait des denrées alimentaires, a été stoppée net devant la résidence de l’opposant par une escouade de policiers et gendarmes. « La visite consistait essentiellement à voir notre président qui est séquestré depuis un mois déjà. Depuis un mois, il est sans visite. Ayant échangé avec lui, nous pensions qu’il était tant que nous réagissions face à la pénurie naturelle des vivres qui sévissait déjà dans son domicile. Voilà pourquoi nous n’avons pas voulu rendre cela officiel. Nous n’avons pas pu rencontrer le président. Pourtant, nous avons travaillé avec les avocats. Et selon les dernières recommandations, toute visite au président national Maurice Kamto devrait être autorisée par le Délégué Général à la Sûreté National et le Secrétaire d’Etat à la Défense et bien-sûr encadrée par les avocats. C’est ce que nous avons fait. Le but, n’était pas la mobilisation ou l’affrontement avec les forces de l’ordre. C’était juste de venir rencontrer le président national et sa famille et leur donner quelques vivres. Nous nous sommes rendues à son domicile, mais nous n’avons pas pu le rencontrer parce que les forces de l’ordre nous en ont empêchées. Ils ont fait descendre des véhicules les vivres que nous avons apportés; sur très haute surveillance; il y en a qui étaient d’ailleurs très belliqueux. C’est quand même dommage. Après qu’on a descendu les vivres, on nous a chassées des lieux », a rapporté Tirane Balbine Noah.

Courroucé, Maurice Kamto, est sorti pour la première fois de son domicile après un mois de séquestration, pour manifester son indignation aux forces de l'ordre.

Selon un confrère de Radio Tiemeni Siantou présent sur les lieux, un commandant de la gendarmerie nationale, entouré d’hommes en tenue, a pose la question à Maurice Kamto de savoir pourquoi il est sorti de sa résidence.

Ainsi donc, un cordon de forces mixtes a commencé à s’avancer et a intimé l’ordre à M.Kamto de ne plus faire le moindre pas en avant.

Après avoir insisté, en vain, pendant un quart d’heure pour avoir l’acte juridique ordonnant sa séquestration et dénoncé son caractère illégal, le leader national du Mrc a demandé que l’on ramène à l’extérieur des vivres qui avaient déjà été introduits dans sa cour. Il leur a demandé que le tout soit regroupé devant le portail, où ces denrées alimentaires étaient déchargées.

Puis, l’homme politique s’est tourné devant le commandant de gendarmerie et le commissaire du VIème arrondissement et leur a dit : Vous feriez mieux de récupérer ces vivres pour nourrir vos éléments. Ce n’est pas une question de vivres, mais de droits .

L'opposant radical est rentrée dans sa concession en compagnie de sa maisonnée et a refermé le portail. « A 16h et 30, Me Hyppolite Meli, chef de pool du collectif d’avocats du président national du Mrc arrive sur les lieux. L’homme en robe noire et Me Mispa Awasum, présidente nationale des femmes du Mrc tentent d’échanger avec le commandant de gendarmerie et le commissaire du VIème arrondissement. Question d’obtenir l’entrée des militantes au domicile de M.Kamto. Mais en vain! En quittant les lieux, des tas de vivres frais étaient toujours parqués devant le portail de la résidence de l’homme politique sous le retard vif des bidasses ayant décidé, en début de soirée, de dissuader des militantes, des avocats et quelques journalistes présents », conclut Serge Aimé Bikoi, journaliste en service à la radio Tiemeni Siantou (RTS)