Présidentielle 2018: Bafoussam accueille la victoire de Paul Biya dans l’indifférence totale

C'est un calme de cimetière qui a regné dans la capitale de région de l'Ouest après la proclamation du verdict de la présidentielle du 7 octobre 2018.

Tout le monde ou presque attendait le verdict de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Les fonctionnaires, les employés du secteur privé et les acteurs secteur informel, ne voulaient aucunement manquer le verdict rendu par le Conseil Constitutionnel. Même pas un seul instant. En groupe ou individuellement, l’on écoutait à la radio ou regardait à la télévision en live, le fastidieux exercice dévolu aux membres de la plus haute juridiction du pays. Le sort du Cameroun se jouait à Yaoundé, mais Bafoussam retenait son souffle. La plupart des habitants de la capitale de la région de l’Ouest consacrait un petit temps à leur gagne-pain, et un peu plus à l’événement phare de ce lundi 22 octobre 2018; à savoir, la publication des résultats de la présidentielle. L’exercice prenait beaucoup de temps, mais personne ne semblait s’en offusquer. « C’est important de vivre ça. C’est bien pour sa culture mais aussi », lance un ouvrier de l’entreprise en charge de la réhabilitation de la route "carrefour le Maire-Eveché".

Ecouteurs soigneusement posés dans les creux de ses oreilles, ce jeune d’à peine 30 ans dit avoir suivi de bout en bout le contentieux post-électoral. A côté de ceux qui étaient plus motivés par ces résultats pour leur culture générale, d’autres étaient davantage préoccupés par les résultats qui allaient être rendus afin de se projeter sur l’avenir du pays. « Sous l’ère Biya, la ville de Bafoussam n’a presque rien eu. Même nous savons qu’il est bien parti pour rempiler, nous souhaitons qu’il y ait changement. C’est comme si Bafoussam n’existait plus dans la tête de nos dirigeants », confie un d'entre eux.

Au-delà des attentes et des supputations sur l’identité vainqueur, le dernier mot est attendu de la bouche de Clément Atangana. Après avoir donné la parole à certains de ses conseillers pour la proclamation département après département des résultats, le président du Conseil Constitutionnel la reprend pour lever lui-même le pan de voile sur l’identité du vainqueur. Comme cela jaillissait des chiffres déjà rendus publics, c’est Paul Biya qui est désigné vainqueur de cette élection avec plus de 71% des suffrages exprimés. Sur les visages, les signes de la tristesse et du désespoir se dessinent. Et dans la ville s’installe un silence de cimetière.

Aucune manifestation jubilatoire à la suite de la confirmation de ce nouveau bail de Paul Biya à la tête du Cameroun n’est observée. A la maison du parti de Bafoussam où aucune disposition n’a été prise, c’est un calme plat qui y règne. « Nous allons plutôt fêter la victoire de notre champion le 6 novembre prochain », souffle Hipolyte Tchoutezo, cadre du Rdpc à la section Mifi-centre. Mais l’on retient ce climat d’indifférence notoire qui a prévalu dans la ville de Bafoussam après la proclamation des résultats favorables au nouveau-ancien Chef de l’Etat.