Retard de la région de l’Est : L’ancien ministre de la Fonction publique, Michel Ange Angouing, sorti de la réserve et déballe tout

Michel Ange Angouing

L’ancien ministre de la Fonction publique est sorti de la réserve qu’il observait depuis sa sortie du gouvernement pour, dit-il, « recadrer les choses ». « Je suis désolé. Mais je suis obligé de sortir de ma réserve pour recadrer les choses.

Notre Région, dont le retard est criant sur tous les points, a besoin de tous ses fils. Il me semble malheureusement que le désir de dominer sur les hommes et les biens que nourrissent quelques personnes fait perdre lucidité, sagesse et amour du prochain ». C’est en ces mots que répond l’ancien ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) à la sollicitation de Repères ce mardi 19 mars 2019 en fin de matinée.

Cette sollicitation fait suite à des postes attribués à Michel Ange Angouing sur certains fora au sujet du vivre-ensemble qui a du plomb dans l’aile depuis, selon certaines personnes à l’Est, « l’entrée de Joseph Le dans le gouvernement ». « Je voudrais dire à mes frères et sœurs de la Région de l'Est que lorsque j'accède à la fonction ministérielle par la grâce de Dieu et la volonté du chef de l'Etat, je n'avais trahi, calomnié, insulté, noué aucune intrigue ou tué personne. J'y arrive d'ailleurs avec beaucoup de bonheur pour le Haut-Nyong car [Jean Baptiste] Bokam et [Joseph] Le gardent leurs postes.

La gestion actuelle des ressources humaines de notre région est vexatoire et s'apparente à des règlements de comptes. Je voudrais inviter les auteurs à se ressaisir. Ma réserve et mon silence ne sont pas synonymes de faiblesse mais la manifestation de l'amour que j'éprouve pour chacune et chacun de vous », écrit ce jour Michel Ange Angouing. En réaction aux attaques sur « son incapacité à promouvoir les filles et fils de l’Est du temps où il était aux affaires ». Il se rend également compte que « tous ceux de nos frères et sœurs qui ont bénéficié de mes petites attentions [sont] persécutés ».

En rappelant que « nous sommes tous fils de cette Région et personne ne peut prétendre en être le chef », l’ancien procureur général près la Cour d’appel de l’Ouest puis du Sud estime que « Les ministres en poste vos faits et gestes pourraient embarrasser nos parents dans leurs convictions ». Sur les raisons qui ont poussé le fils de Ngomdouma, dans l’arrondissement de Doumaintang, département du HautNyong, à sortir de sa réserve, les uns et les autres pointent un doigt accusateur vers « les sorties intempestives des sbires Joseph Le ».

En effet, dans les réseaux sociaux, un peu à la manière des loups de Maurice Kamto, les proches du Minfopra s’appliquent à « laminer » tous ceux qu’ils estiment constituer un obstacle à l’ascension de leur champion. A un des « notables » de la Région qui magnifiait les nominations faites par l’actuel Minfopra, excédé, Michel Ange Angouing répond : « […] Le bon conseil, comme la bonne information, doit être équilibré. Ceux qui sont aux affaires aujourd'hui doivent éviter d'être fébriles ! Ils doivent censurer un tout petit peu ceux qui les entourent et relayent sans discrétion leurs faits et gestes. Devrais-je vous apprendre qu'un ministre ne nomme pas un directeur encore moins un DG ! On est un peu intelligent à l'Est non Bon Dieu ? ». Il n’est pas jusqu’aux journalistes exerçant à l’Est qui pensent que « nous n’avons jamais une ambiance aussi lourde emprunte d’intrigues et de coups bas qu’en ce moment ».

Pour les militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), majoritaire à l’Est, « c’est un danger pour les prochaines échéances électorales car nous allons en rangs dispersés ». Ils ont l’impression que « la lutte pour le leadership est lancée depuis le décès de Janvier Mongui Sossomba qui était le chef de la délégation régionale du comité central de notre parti ». Depuis lors en effet, tous les rassemblements sont convoqués Joseph Le qui, avant l’élection présidentielle, n’était que chef de la circonscription communale d’Abong-Mbang.

 

Un article du journal Repères