Insécurité Alimentaire : Près de 4 millions de personnes en danger au Cameroun

Au Cameroun l’insécurité alimentaire affecte près de 16% des ménages. Selon le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), cette difficulté à se procurer une quantité suffisante d’aliments touche jusqu’à 3,9 millions de personnes. D’après la même source, l’insécurité alimentaire affecte de façon «grave» 211000 personnes sur le triangle national.

Ces statistiques, tirées de l’analyse globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire réalisée sur l’ensemble du territoire camerounais en 2019, ont été présentées le 16 mars dernier par le Minader Gabriel Mbairobe. C’était à l’occasion de la cérémonie commémorant la 40e édition de la Journée mondiale de l’Alimentation sous le thème : «Cultiver, nourrir, préserver. Ensemble, agir pour l’avenir». Le phénomène de l’insécurité alimentaire se présente avec plus d’acuité dans les campagnes où il affecte environ 22% des ménages ruraux contre 10,5% des ménages urbains. Dans la réparation régionale, le Grand-Nord semble le plus exposé à ces carences d’aliment. Ainsi dans la région l’Extrême-Nord 33,7% des ménages sont confrontés à l’insécurité alimentaire. Alors que le Nord et l’Adamaoua affichent des taux respectifs de l’ordre de 15,3% et 15,4%. Au cours de la dernière décennie, cette situation s’est davantage détériorée. En effet, selon les données de 2011, dans les régions du Nord et de l’Extrême Nord, l’insécurité alimentaire touchait respectivement 14,6% et 17,9% des ménages. Dans le septentrion, cet état de choses s’explique par plusieurs raisons. Les principales se rapportent à la situation sécuritaire avec le phénomène Boko-Haram, aux chocs climatiques, lesquels donnent lieu aux graves inondations qui détruisent les champs et emportent les cheptels. À ces deux causes s’ajoutent également les perturbations des marchés. Par ailleurs, dans certaines régions comme le Sud-Ouest et le Nord-ouest, les personnes déplacées internes et les populations hôtes ont un accès limité à la terre.

Source : La République Presse